Virginie Jaquier, Rachel Maisonneuve / Entrailles

du 14 octobre au 12 novembre

horaires d'ouverture: mardi à dimanche 14h - 18h

Virginie Jaquier et Rachel Maisonneuve ne se connaissaient pas avant cette exposition. Lors de leurs rencontres pour préparer cette dernière, elles se sont familiarisées avec leurs imaginaires respectifs et ont conçu des œuvres qui dialoguent entre elles.

Le langage artistique de Rachel Maisonneuve se façonne par le verre et la terre, matières des arts du feu qu’elle a appris à maîtriser lors de sa formation. A travers la transparence de l’un et la masse primordiale de l’autre, elle traduit en formes symboliques des thématiques liées à la maternité, la sensualité, la sexualité et la mort.
Son travail est le plus souvent présenté sous forme d’installations, monumentales ou intimistes. Ainsi les visiteurs avaient pu voir un tumulus lors de l’exposition en plein air à Môtiers, en 2015 et les Balançoires de Lumière, à Strasbourg en 2009, composées de quelque deux cents plaques en verre suspendues dans l’espace et le reconstruisant par des effets de transparence et de réflexions.
A la Ferme de la Chapelle, elle a conçu trois univers distincts qui se répondent comme les étapes d’un parcours initiatique. Le premier est un rituel de passage, matérialisé par des boules en pâte de verre opaque dont s’échappe par des orifices de la poudre de charbon laissant au sol des dessins aléatoires. L’objet devient ici un instrument de dessin qui se crée à partir d’une matière détruite et raconte une histoire. L’œuvre s’accompagne d’une fiction, inventée par l’artiste, qui interroge sur la forme à donner à un corps mort pour le faire sortir de cette dernière fonctionnalité qu’est le décès, et qui transforme le processus de deuil en celui de création artistique. Une deuxième installation présente des pétales en verre, sections de grandes sphères transparentes, éparpillées dans l’espace. La rondeur et la fragilité suggérées par ces formes renvoient à la maternité, interrompue ici par leur démantèlement en fragments épars. L’espace en sous-sol, troisième lieu occupé par les œuvres de Rachel Maisonneuve, est habité par des présences fantomatiques, composées d’objets en terre cuite recouvertes de tissus en suspension dans le vide, formes organiques qui renvoient encore à la féminité et à la sensualité.
Entre l’un et l’autre de ces espaces, le visiteur transite devant les grands dessins de Virginie Jaquier. Au fusain, avec un rendu velouté et sensuel, l’artiste a promené son imaginaire dans les tréfonds de la terre pour en extraire racines et tubercules.
Le travail de Virginie Jaquier se fait dans la lenteur, par séries, dont elle explore chaque recoin. Ciels parsemés de nuages, étranges champignons ou viscères, on reconnaît sans équivoque à chaque fois sa manière d’aborder frontalement le sujet, le laissant envahir tout l’espace de la feuille.
La dernière série intitulée «Under» laisse apparaître des formes se dégageant subtilement du fond sombre par une brillance incertaine. En suspension dans une obscurité enveloppante, ces protubérances semblent flotter dans une masse indéterminée, isolées ou agglutinées en grappes. La dimension des dessins leur confère une présence à la fois mystérieuse et inquiétante, dû en partie aussi au glissement sémantique qui passe inexorablement du végétal au viscéral. La vibration des dégradés et le scintillement du fusain provoquent une sorte de palpitation des surfaces qui donne vie à ces masses. De la terre abritant des racines végétales, l’interprétation permet d’y reconnaître aussi un ventre maternel symbolique abritant la vie. Ces dessins répondent dès lors aux interventions artistiques de Rachel Maisonneuve en les ancrant dans une autre forme de représentation poétique.

Rachel Maisonneuve s’est formée à l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs à Strasbourg où elle s’est spécialisée dans la fabrication du verre et dans la céramique. Lauréate de plusieurs prix, elle a présenté sa grande installation Balançoires de Lumière à l’église St Maurice de Strasbourg et a participé à différentes expositions collectives en France en particulier.

Diplômée aux Beaux-Arts à Genève, Virginie Jaquier expose régulièrement en Suisse depuis 2006. Son travail été également montré à Nantes et au Japon.

 

Et encore à voir dans le quartier jusqu'au 29 octobre

Aline Morvan, Marion Tampon-Lajarriette, Mathilde Tinturier,
Thomas Schunke, à Lancy

Jean-Samuel Coste, Muriel Décaillet, Pascale Favre, Maria Moschou à Plan-les-Ouates

Terrain fertile

En 2013, une première collaboration d’exposition commune avec le Service culturel de Plan-les-Ouates avait vu le jour sous la forme d’une série de photographies imprimées sur affiches format mondial investissant les panneaux d’affichage culturels et de votations à Lancy et à PLO.

Cette intéressante collaboration a entraîné cette deuxième expérience commune, qui montrera cette fois des œuvres de plasticiens dans les quartiers de La Chapelle et du Vélodrome. Quatre artistes par commune ont élaboré des projets participatifs qui visent à inclure dès le départ les habitants de ces deux quartiers dans la création de ces œuvres. C’était une volonté que nous avons imposée aux artistes afin que cette exposition soit également un instrument de médiation culturelle permettant aux habitants du quartier de s’approprier leur territoire et le vivre autrement, et surtout ensemble. Pour cette raison, ART SANS RDV s’occupe de faire ce lien entre les artistes et la communauté.

Deux axes ont été développés par les artistes: le rapport entre tissu urbain et la nature, puisque ce quartier est né d’un champ de blé, et la constitution d’un mode de vivre ensemble dans un lieu donné. Des œuvres in situ seront placées qui auront nécessité la participation des habitants dans leur élaboration et également pendant l’exposition. C’est pour ces caractéristiques qui font déjà partie de leur travail qu’ils sont été choisis.

Pendant le mois de septembre, les artistes auront des œuvres exposées à la Ferme de la Chapelle et à la mairie de Plan-les-Ouates, le but étant de montrer d’autres aspects de leur production artistique, et aussi de créer un lien entre le quartier et la Ferme.

En lieu et place d’un catalogue ou guide d’exposition, un journal sera imprimé, avec les rubriques habituelles d’un quotidien, mais qui parleront des artistes, de leurs réalisations, de leur expérience avec les habitants, etc. Le journal est illustré par Pascale Favre, artiste que intervient également à Plan-les-Ouates dans le cadre de cette exposition.

Autour de l'exposition

///// rencontre avec l'art contemporain

mardi 17 octobre à 15h

 

///// portes ouvertes dans le cadre de Genève Art Contemporain

samedi 11 & dimanche 12 novembre 11h-18h

 

liens

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Terrain Fertile