David Ciana, Laurent Dominique Fontana, Philippe Racine, Josette Taramarcaz / Poétique du corps

du 8 juin au 6 juillet 2011

Thème essentiel en art, la figure humaine demeure une des facettes les plus fascinantes de la création contemporaine, comme le démontrent les œuvres de ces quatre artistes, dont le travail est centré sur une approche poétique du corps.
Dans ses dessins, David Ciana s’abandonne au geste de la main qui trace librement sur le papier des personnages à l’expressionnisme échevelé. Mais la déraison qui semble animer ses sujets, comme la Nef des fous, s’oppose aux précises tables d’anatomie dont l’artiste utilise des copies dans ses œuvres. Il accentue ainsi la tension entre le trait extravagant du dessin et les images rationnalisées des premiers balbutiements de la science moderne.
Ombres translucides, les grandes silhouettes de Philippe Racine émergent du papier, révélées par une peinture à l’huile qui joue avec la couleur noire dans une gamme insoupçonnée de nuances obscures et pourtant si lumineuses. Ces présences, jouant de manière subtile avec la bidimensionnalité et l’abstraction, sont à la fois des masses fantomatiques qui habitent l’espace du lieu et des percées vers d’infinies profondeurs de l’âme humaine.
Les sculptures de Laurent Dominique Fontana touchent à l’essence même de la nature humaine, dans leur dépouillement essentiel et leur schématisation qui aplanit toute différence entre les êtres. Qu’elles soient monumentales ou miniaturisées, ces figures reconnaissables comme une signature d’artiste se posent en gardiens immuables d’un secret ancestral, en figures symboliques de l’éternel masculin et féminin ou encore se regroupent en foules recueillies.

En grès rehaussé de pigments, les personnages façonnés par Josette Taramarcaz sont immobilisés dans une pose méditative. Prêts à l’envol, le visage souvent tourné vers le ciel, ils l’interrogent silencieusement du regard, perdus dans la contemplation du monde et dans la réflexion sur eux-mêmes./N.K.

 

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