Brigitte Ritschard, Anne Meier-Soumille, André Tomasetti / Papiers dévoilés et sachets de thé

du 21 janvier au 15 février 2009

Papier de mûriers, papier de prêles, papiers déchiquetés, sachets de thé: autant de matières précieuses ou banales qui servent de point de départ à trois artistes aux démarches très différentes.
André Tomasetti est photographe et s’interroge, dans sa dernière série de clichés, sur la frontière entre la réalité et l’abstraction, le dessin et l’image photographique. Cette limite, il la rend illusoire grâce à une démarche originale où il commence par dessiner sur des feuilles de manière spontanée et incontrôlée. Il passe ensuite ces esquisses à la broyeuse et en dispose les fragments sur une plaque, de manière tout à fait étudiée cette fois, créant des compositions qui s’équilibrent par les jeux de tonalités et l’apparition inattendue de motifs décoratifs. Cette plaque est mise sous presse pendant plusieurs jours et la surface rendue ainsi plane est photographié et tiré en grand format sur papier FineArt. En observant ces grands panneaux aux couleurs chatoyantes, le regard se perd peu à peu dans les détails et découvre successivement des profondeurs insoupçonnées, des harmonies de teintes fascinantes où la photo et le dessin se confondent.
Passionnée par l’histoire du papier et de sa fabrication, Anne Meier-Soumille crée ce matériau à partir des végétaux les plus divers, allant du mûrier au bananier, en passant par l’iris, la prêle, etc. Elle explore les textures de ces différents papiers parfois fragiles et transparents, parfois suffisamment solides pour en faire des tissus. Elle les présente sous forme d’installations et de panneaux qui magnifient la beauté et la préciosité de ces fragments de feuilles associés aux branches, matière première de ces papiers. Elle pose également la question de la frontière entre art et artisanat, question qui a suscité bien des débats depuis le XVe siècle.
Geste convivial ou plus intime, le fait de boire du thé peut se teinter de maintes émotions les plus diverses, comme le souvenir, la relation à l’autre. C’est pour en capter l’essence que Brigitte Ritschard s’y est penchée depuis plusieurs années déjà, en collectionnant les sachets de thé – qu’elle boit ou qu’on lui donne – et en les utilisant pour ses œuvres. Au fil de ses recherches, elle s’est attachée à découvrir les limites formelles, plastiques, poétiques et sémantiques du sachet de thé: empreintes, sculptures, collages./N. K.

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