Christian Husler et Zaric - Bestioles et autres histoires

du 4 au 29 mars 2009

Poissons, canards, oiseaux, girafes, tout ce petit monde peuple les œuvres de Christian Husler de différentes manières. A côté des travaux plus traditionnels exécutés à la gravure, il recycle des cartes postales et autres matériaux où l’écrit et l’image sont toujours présents. L’écriture fait en effet partie intrinsèque de son travai; une graphie parfois lisible, ou alors réduite à un élément décoratif et répété au gré du geste, de façon compulsive, remplissant tous les espaces possibles comme pour protéger ses compositions du néant environnant. Il y a indéniablement quelque chose d’obsessionel dans les œuvres de Christian Husler, mais aussi une créativité qui fait sauter tous les barrages de la raison pour régner en unique maîtresse des lieux. Dans son application minutieuse à remplir les interstices, on décèle la passion d’un Christian Husler collectionneur. C’est une activité à laquelle il s’adonne depuis longtemps et qui le guide ensuite dans des séries de sculptures étranges et parfois inquiétantes où il assemble des objets, aussi hétéroclites qu’inutiles, qu’il sauve in extremis d’un oubli certain. Ces petits riens sont d’autres fois répertoriés et disposés sagement dans des boîtes de plexiglas aux nombreux compartiments, comme dans de minuscules casiers d’un drôle de cabinet des curiosités. Pour ses œuvres les plus récentes, il a découpé des silhouettes d’animaux dans des cartes téléphoniques et les a disposées ensuite en lignes régulières, comme les lettres d’une langue dont il est le seul à connaître le secret.

Les sculptures de Zaric, souvent monumentales, posent la question des relations entre l’homme et l’animal, conflictuelles, émotionnelles ou mythiques. Pour ce faire l’artiste a inventé un univers zoomorphique où les lièvres, ours, cochons miment des attitudes humaines, dénoncent la cruauté de la chasse et la dénaturation de leur condition sauvage dans la domestication, ou encore rappellent avec nostalgie les doudous et autres chevaux à bascule de l’enfance. Tous ces personnages naissent d’abord de croquis répertoriés dans d’innombrables carnets, que Zaric remplit de dessins et de textes divers. Puis, tel un alchimiste ou un chamane, il passe à la matière, la terre, à partir de laquelle il va façonner un personnage. Du prototype en glaise, il fait un moule qui sera le réceptacle du ciment final. La pièce démoulée est enfin affinée à l’aide d’outils divers. La terre initiale est toujours la même depuis ses débuts de sculpteur; il la récupère et la réutilise au fil de son travail de façonnage. Conçues pour dialoguer avec un environnement qui peut changer d’une exposition à l’autre, les sculptures de Zaric s’adaptent à chaque fois à leur nouveau milieu pour raconter une autre histoire. /N. K.

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