Pascal Castella, Emmanuel Hert, Ronald Juliet / Frontières oniriques

du 7 au 29 mai 2011

La fragile limite entre conscient et inconscient est le terrain fertile où prennent racine les œuvres de Pascale Castella, Emmanuel Herth et Ronald Juliet. C’est ce lien subtile qui réunit ces trois artistes qui travaillent par ailleurs à partir de styles et techniques complètement différents.
Le geste physique, nécessité liée à celle de créer, est à la base des grandes peintures à la gouaches de Pascale Castella. Sans images préconçues, elle se laisse guider par le mouvement de son corps qui libère son esprit de toute contrainte rationnelle et conceptuelle. Les peintures plus anciennes prenaient encore appui sur des formes géométriques et des symboles reconnaissables, tels des madalas ou des constructions presque mystiques. Peu à peu, la main s’est émancipée des images résiduelles de la conscience pour atteindre une autonomie propre, en lien direct avec l’imaginaire créatif du peintre. Ainsi dans les œuvres récentes, la couleur construit la composition qui se transforme en un fourmillement de traits et de taches, aux teintes explosives et lumineuses. En alternance, l’artiste peint également en noir et blanc, sur grand format, mais réalise aussi des collages de petite dimension, qui lui permettent de se ressourcer.
L’univers d’Emmanuel Herth est peuplé d’étranges personnages récurrents: femmes-crabes, hommes oiseaux, poupées russes. Ces figures emblématiques sont autant de métaphores de ses expériences de vie que l’artiste met en scène dans de petits dessins à la plume, avec une précision chirurgicale et une grande minutie dans le détail. Tour à tour inquiétantes, tendres, violentes ou drôles, ces images personnelles nous apparaissent cryptées comme des messages que l’inconscient véhicule à travers les rêves ou les cauchemars. Même si elles restent profondément ancrées dans le vécu de l’artiste, ces représentations renvoient inévitablement à nos propres souvenirs, peurs, souffrances et joies.
Peuplés par les images évanescentes qui précèdent le réveil, les aquarelles et dessins de Ronald Juliet gardent la fraîcheur des ces moments privilégiés où la raison n’a pas le pouvoir sur nos pensées. Qu’ils soient en couleur ou monochromes, ces petits formats oscillent entre abstraction et figuration, fugaces apparitions que l’artiste a happées et retenues au bout de son crayon. Le regard passe d’un paysage improbable à des semblants de fonds marins, où flottent de mystérieuses formes végétales et animales./ N.K.

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