Hiromi Miyamoto, Claudine Hildebrand-Leyvraz, Muriel Décaillet, Charlotte Nordin / Féminités

du 2 juin au 4 juillet 2010

Quatre regards de femmes s’enchevêtrent pour exprimer force et fragilité, sensualité et cruauté, contenues dans des traces de féminité.
Dans ses mystérieuses héliogravures, Hiromi Miyamoto met en scène des dentelles, essence même de la féminité, pour les transformer en silhouettes de femmes, à peine ébauchées, suggérées, comme des présences fantomatiques réduites au seul vêtement. Tyrannie de la mode ou nostalgie d’une autre époque? La beauté et la subtilité de ces formes fragiles demeurent hors du temps et pourtant si contemporaines.
Le vêtement est aussi à la base des monotypes de Claudine Hildbrand-Leyvraz. Faits à partir d’habits intimes, ils dévoilent une beauté dérobée au quotidien de la femme et au fantasme masculin, conservant la trace de la sensualité. Dans la série «Fragiles», l'artiste brode avec des fils divers, parfois même des cheveux, de petites toiles. On y retrouve la volonté de révéler des objets anodins pour en faire des compositions abstraites, proches de l'esquisse, faites de lignes verticales et horizontales.
Le fil constitue pour Muriel Décaillet la matière première de ses installations, centrées sur une interrogation qui porte souvent sur la condition féminine. Elle utilise ce matériau pour tisser des histoires et raconter des émotions issues de l'intime. Ainsi «Eve et les trois Parques», en assemblant deux mythes, liés aux femmes, du destin mortel de l’être humain, pose la question du poids de la tradition qui pèse sur la femme occidentale depuis les origines. L'installation «Out of the Shadow», réalisée grâce au concours de la Bourse de soutien à la création du DAC de la Ville de Genève, se penche sur le rapport à la sexualité et à l'érotisme.

Mêlant céramique et sons, Charlotte Nordin a créé les «Glands de Vénus», étranges semences de porcelaine blanche et dorée qui forment une cascade soupirante dès que l'on s'approche de trop près. Par le son, la céramiste donne vie à la terre dans un geste créateur qui répète celui de la divinité insufflant la vie à la poupée d'argile dans les mythes de l’origine. Par ce titre provocateur, elle écarte avec humour la vision masculine de l'origine du monde./N.K.

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