Denise Emery, Jean-Paul Blais, François Burland, Léonard Félix, Fanny Gagliardini, Eliane Gervasoni / L'espace efface le bruit

du 19 au 27 novembre 2016

Denise Emery a marqué la scène artistique à Genève et ailleurs par ses tapisseries et gravures. Décédée en 2012, l'artiste était une amie appréciée de la galerie et de beaucoup d'artistes à qui elle prodiguait conseils, critiqes et compliments sans complaisance, avec une justesse de jugement et une rigueur intellectuelle remarquables. Ses amis et parents ont créé une association pour permettre que ses oeuvres fassent l'objet d'une exposition. De cette poposition est née l'idée de créer des dialogues formels ou conceptuels entre ses réalisations et les travaux d'artistes contemporains. Certains d'entre eux la connaissaient, d'autres la découvrent à cette occasion, mais tous reconnaissent le lien qui peut se tisser entre leurs oeuvres.

Abstraites, les gravures de Denise Emery rappellent pourtant le paysage, avec des lignes d'horizon marquées sur fonds de camaïeus de teintes sourdes. Les petits paysages de François Burland, peints à l'huile sur des feuilles de cahiers récupérés ou encore ses images prises à la chambre noire entrent en résonnance avec les applats des monotypes.

La régularité des gaufrages d'Eliane Gervasoni rythment les surfaces du papier et révèlent des formes géométriques issues de l'industrie. Ses pièces font écho à la trame des tapisseries de Denise Emery ainsi qu'aux gravures où la superposition de lignes de traits rappelle la page d'écriture.

Sous le titre de "Silence de la pensée", Jean-Paul Blais crée des oeuvres en bois qu'il peint et ponce jusqu'à obtenir des surfaces où la lumière s'accroche dans le velouté des noirs. Les quelques irréguliarités voulues interrompent et dynamisent ces rectangles qui évoquent certaines gravures de Denise Emery et aussi ses tapisseries qu'elle avait intitulées "Portes".

L'effacement, en peinture ou en dessin, relie entre elles les oeuvres de Léonard Félix qui met en secène d'improbables paysages et des lieux sortis de rêves étranges. Les transparences qui ouvrent la surface de la feuille ou de la toile vers des espaces infinis n'est pas sans rappeler certaines gravures de Denise Emery, où elle a superposé plusieurs couleurs pour y suspendre ensuite des formes géométriques primaires.

La toile est le terrain de création de Fanny Gagliardini. Laissée brute ou à peine enduite, cette matière s'anime par les éléments que l'artiste place à l'arrière du tableau et qui composent des teintes volatiles. L'affinité entre ces deux plasticiennes, donnée par la matière tissu, s'accentue par les compositions rigoureuses et symétriques où la ligne construit les oeuvres. / N. Kunz

 

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