Geneviève Capitanio, June Papineau, Axelle Snakkers

du 13 avril au 8 mai

Lorsqu’en 2007 Geneviève Capitanio réalise, dans le cadre d’une exposition collective à la piscine de Monthey, une peinture sur le fond du bassin, intitulée Aux limites – Hokney versus Photoshop, elle initie un concept de déformation de l’image qu’elle a développé depuis en l’appliquant à diverses vues dérobées à la nature. De prime abord, ses peintures à l’huile ressemblent à des photos remaniées à l’aide d’un programme informatique au point d’obtenir une déformation comme celle de la réfraction de l’eau. Ses sujets de prédilection, oiseaux, fleurs, bouts de nature, subissent des étirements démesurés, se retrouvent prisonniers de spirales anarchiques. Ce processus remet en question la représentation réaliste du sujet, déforme les volumes jusqu’à les rendre immatériels, restituant à la peinture son aspect initial de couleurs qui se mélangent sur une palette ou dans un récipient.
La peinture à l’huile, Axelle Snakkers l’utilise sur des plaques d’aluminium. Mais les instruments principaux de son travail sont autant la ponceuse que le pinceau. En effet, elle commence par superposer différentes couleurs sur la plaque métallique, puis, elle entame un véritable ouvrage de délicat ponçage pour redécouvrir les teintes enfouies et leur donner les formes qu’elle désire. D’apparence abstraite, ses compositions laissent peu à peu entrevoir leur ressemblance avec le ciel, les nuages vus à travers un bocage. Privilégiant les formats ronds ou carrés, le regard se perd au travers des couches mises à nu jusqu’au métal qui réapparaît enfin, offrant au regard des dégradés de gris aux opacités diverses. La nature, sujet initial de son œuvre dont on a une trace dans le titre général de ces œuvres («Paysages imparfaits»), se confronte au matériau industriel qui, sous l’outil de l’artiste, devient un univers en miniature qui reflète une image intégrée et retransformée.
C’est aussi la nature qui rythme la vie et l’œuvre de June Papineau, plasticienne qui crée principalement des installations. Son travail commence par l’immersion littérale en milieu naturel, par le contact immédiat avec le végétal, en particulier les arbres dont elle fait des empreintes. Elle les habille d’abord patiemment, couche par couche de glaise, de colles diverses et de morceaux de gaze, qu’elle leur reprend ensuite comme on arrache une peau qui garde sur elle les aspérités du tronc. Déroulées et pendues dans l’espace, ces enveloppes artificielles deviennent la trace, le fantôme de l’arbre, son histoire cristallisée dans un présent intemporel. Le long des rivières, elle a découvert aussi ces troncs laissés pantelants par les morsures des castors et qui pourtant reprennent vie par des rejets qui repoussent des blessures. Ces observations ont donné naissance à une installation en fibre optique où l’essence de vie si forte dans les végétaux est matérialisée par la lumière qui se répand le long d’un entrelacs de tiges et semble croître à l’infini, comme un pied-de-nez à la destruction. /NK

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