Francis Olivier Brunet / La diagonale du corps

du 22 avril au 17 mai 2008

Au cœur des peintures de Francis-Olivier Brunet, la figure humaine est tour à tour l’expression de passions diverses, d’intimité, d’érotisme ou de spiritualité. Pour en présenter une large palette, trois lieux se sont concertés pour une exposition tripartite: les galeries La Ferme de la Chapelle, Ligne treize à Carouge et Au-delà des Apparences à Annecy.

Emergences
Telles des présences fantômatiques, les personnages de Francis-Olivier Brunet émergent d’une matière picturale fluide et sensuelle. Constituée principalement de gouache noire, la peinture devient une sorte de magma primordial qui façonne, donne vie à ces corps, avant de les noyer à nouveau dans des profondeurs obscures. Ce mouvement perpétuel anime les surfaces, auxquelles l’artiste inclut parfois des morceaux de sopalin ou des fragments de sa palette. A l’aide de ces éléments, issus de l’environnement de l’atelier, Francis-Olivier Brunet crée une perspective factice entre espace pictural et objet réel, en tendant au spectateur des signes tangibles. Mais on ne les distingue pas du premier coup d’œil, car on reste d’abord fasciné par la délicatesse des traits des visages – souvent réalisés avec une rigueur très académique – avec des regards qui sondent le visiteur ou au contraire se perdent dans une vague rêverie mélancolique. C’est le cas notamment pour la série des portraits – Têtes poussière –, qui revisitent la tradition classique en lui conférant une identité contemporaine très intéressante.

Fiction
Dans le cadre du film «Sommeil blanc» de Jean-Paul Guyon, Francis-Olivier Brunet a réalisé des portraits et des paysages intérieurs pour le personnage de la fiction, une femme-peintre interprétée par l’actrice Hélène de Fougerolles. Ces œuvres montrent la lutte intérieure d’une artiste qu’un choc émotionnel a bloquée dans son élan créatif.

Corps intime
L’érotisme est une thématique nouvellement abordée dans le travail du peintre. Suggéré par des poses pudiques ou évoqué de manière plus crue, ce thème est prétexte à raconter le corps, à travers un discours où la peinture garde le premier rôle. Est-ce le noir-blanc ou l’infinie subtilité des transparences, la chair n’est jamais vulgaire sous le pinceau de l’artiste. Elle est l’essence même de l’incarnation de l’esprit, fugitive apparition au sein d’une matière évanescente. /N.K.

 

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