Siripoj Chamroenvidhya, Sergio Durante, Thierry Leclerc ,Claudia X. Lombana, Michel Martina, Charlotte Nordin / Arborescences de l'imaginaire

du 28 mai au 22 juin 2008

Fascinants par bien des aspects, les arbres peuvent être appréhendés par le biais de l’enjeu écologique, du mythe, du symbole, du conte. Il est certainement l’une des formes vivantes les plus captivantes du monde qui nous entoure et les artistes, des poètes aux plasticiens l’ont souvent utilisé dans leurs représentations et leurs métaphores. De l’Arbre de Vie de l’Eden au pilier de l’univers, en passant par la mythologie gréco-romaine jusqu’aux romans modernes, de Calvino ou Sepúlveda, l’arbre est présent en art depuis les civilisations antiques jusqu’à nos jours. Sans avoir l’ambition de faire un tour exhaustif de la question, cette exposition à la Ferme de la Chapelle montre plusieurs approches différentes à travers les œuvres de sept artistes contemporains. Les pastels monumentaux de Siripoj Chamroenvidhya nous font entrer au cœur même de ces bois mythiques qu’il recrée à partit de paysages réels, transposés ensuite dans un univers à la végétation luxuriante où le spectateur enfonce son regard et son imaginaire dans les noirs profonds de cette technique artistique. Les travaux de Thierry Leclerc proposent une atmosphère toute picturale qui explore cette limite à peine tangible où le réalisme cède le pas à la pure matière. Promeneur infatigable et amoureux des sous-bois qui bordent l’Alaire, les grands pastels de Michel Martina semblent encore animés de cette bise qui décoiffe la cime des feuillus. La forêt est également au centre de l’iconographie de Claudia X. Lombana qui reproduit, dans ses photographies, la forêt en marge de la ville, dernier bastion de nos peurs ancestrales dans ce monde où l’on voudrait tout contrôler. C’est également le conte et les visions d’enfance qui inspirent les dessins à l’encre de Philippe Giacobino, où les racines enchevêtrées deviennent l’accès mystérieux vers le monde chtonique. Par ses formes répétées, l’arbre peut aussi devenir la métaphore des constructions architecturales et des plans urbanistiques, comme dans les photo-gravures de Sergio Durante qui expérimente ces formes végétales sur divers supports de papier. Enfin la céramiste Charlotte Nordin, assistée pour la partie technique par Quentin Berthet, a créé une installation où d'étranges concrétions communiquent dans leur mystérieux langage./N.K.

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